23.02.2006

La préposée du pont à bascule d'Auxances

Le 10 janvier de l'année 1926, le conseil municipal de la commune de Migné (Vienne), décide par délibération la construction d’un pont à bascule à Auxances sur la route nationale. Le 15 mai de cette même année, le Maire Emilien CONTREAU prend un arrêté concernant le tarif des taxes de pesage et la nomination du préposé chargé de les encaisser.

Madame Alice BALIN née Alice Marie Joséphine COIRAULT, demeurant à Auxances, est nommée à ce poste avec une rémunération s’élevant à 50% du total des recettes effectuées. Le pont à bascule fonctionnera jusqu’en 1973.

 

11.01.2006

Le moulin des Boisses

Sur la commune de Migné située au nord de Poitiers dans la Vienne, treize moulins jalonnent le cours de l’Auxance. Cette rivière aborde la commune prés du gué de Monfoulon dominé par la falaise de Rochecourbe, elle abandonne une partie de ses eaux pour alimenter le bief (canal creusé de mains d’hommes) qui conduit au moulin des Boisses. Ce terme désigne un endroit où croissent des buis.

Datant du Xè ou XIè siècle, ce moulin destiné au broyage des céréales, était équipé de deux roues, chacune entraînant une meule d’utilisation bien spécifique, les meules à blanc destinées aux céréales les plus nobles, tel le blé et les meules à brun pour les céréales plus communes comme le seigle.

D’une manière générale, le moulin est arrenté à un propriétaire qui peut l’affermer par la suite à un ou plusieurs meuniers. La durée des fermages varie généralement de trois à neuf ans et le meunier est redevable envers le propriétaire d'une somme en argent et de produit en nature, ces derniers provenant de la meunerie, de l'exploitation agricole et de la pêche.

L’on retrouve la trace d’un affermage en 1681 concernant le moulin des Boisses.

Le 13 janvier 1681, en présence de Louis ROYER, notaire et propriétaire du moulin, Héliette PASQUIER, veuve de Léonard SURRAULT, vivant marchand meunier, Jean MOUSNIER et Catherine ABONNEAU sa femme, Louis SURRAULT et Marie PASQUIER sa femme, Nicolas, Gabriel et Joseph SURRAULT, afferment les Boisses pour une période de cinq ans contre redevance de quatre chapons à la Toussaint, six poulets à la Pentecôte, une douzaine de canards à la Saint Michel, une douzaine d’anguilles et de pigeons en la saison et un gâteau beurré à la fête des rois.

Le moulin des Boisses continue à produire de la farine jusqu’à la fin de la dernière guerre. L’une des deux roues existe toujours et une partie du système servant à moudre le blé est encore en place, les bâtiments longtemps laissés à l’abandon, ont été remis en état.

27.12.2005

Le noyé de Nanteuil

Aux XIè et XIIè siècles, la plupart des villages, hameaux et moulins de la commune de Migné Auxances qui est située au nord de Poitiers dans la Vienne existent déjà. Le plus souvent sous forme de fiefs, de domaines qu’un vassal tient du seigneur, sous condition de lui prêter hommage et de lui fournir certaines redevances.

En 1563 Nanteuil est constitué de quelques maisons et métairies, l’existence des moulins de La Papeterie et du Berthaut, bien que plus ancienne, n’apparaît dans les dénombrements qu’a la fin du XVIIè siècle.

Ce fait divers du 22 janvier 1664, dont la retranscription est à la fin de cette note, relate la découverte d’un cadavre à Nanteuil, au milieu des prés secs proches du moulin de Jean PROUST et reprend le témoignage de son épouse Denise SABOUREUX.

On retrouve ainsi la trace de nos ancêtres de douzième génération, Jean et son épouse Denise.

Jean alors âgé d’une quarantaine d’année est propriétaire du moulin proche des prés secs. On peut avancer que Jean Proust était propriétaire du moulin de La Papeterie ou de celui du Berthaut.

Le premier encore appelé moulin Josselin fait parti du fief de Nanteuil, la présence de deux roues et d’un four n’apparaît que vers 1670, époque où selon toute vraisemblance la fabrication du papier est arrêtée pour faire place à la meunerie. A la révolution il est vendu comme bien national.

Les eaux du moulin de la Papeterie font tourner les deux roues du second moulin Berthaut, vendu comme bien de la nation, il fonctionne jusque vers les années 1960.

Villages et Hameaux

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ajourdhuy vingt deuxième jour de janvier mil six cent soixante quatre, je, soussigné prêtre vicaire de Migné et y demeurant, après avoir été adverty par une servante de chez Jean Bardoux de Nanteüil qu’il y avoit un cadavre dans le milieu des prés qu’on nomme les prés secs, proche du moulin de Jean Proust ; et partant ne sachant quel ordre donner dans une occasion semblable pour ce qui est de la sépulture, sans en premier lieu m’informer le plus sensiblement et évidemment qu’il me serait possible du genre de mort et de la religion du déffunct ; je me suis transporté sur ce lieu ou estoit le dit cadavre, accompagné de Mre Benjamin Mériaudeau chyrurgien, pour pouvoir connoistre si le deffunct estoit mort par accident ou par force, ou estant avec ledit Mériaudeau, il n’a connu aucunne blessure qui eut pu causer la mort audit deffunct et m’estant informé sur le lieu qui pouvoit estre ce garçon âgé de vingt deux ou vingt trois ans, mort à demy nu, sans chapeau ny pourpoint, l’on ma dit qu’il estoit dans ce lieu là il y avait un jour ou deux, et qu’il n’avoient pu tirer aucune parolle de luy qui procéda de la bouche d’une personne raisonnable mesmes qu’il avoit fait beaucoup d’extravagances, dans le village de Nanteüil et donné les marques d’une personne hors de son esprit et de son sens, comme il appert par le lieu ou il allé mourir après avoir passé et repassé par les eaux, ne l’ayant pu rettenir dans la mestayrie de Nanteüil ou les mestayers luy avoient donné entrée : toutefois ayant esté advery par Denise Saboureux, femme de Jean Proust que dans le travail d’esprit de ce pauvre garçon, elle luy avoit ouy dire et prononcer quelquefois Jesus Maria ! et comme il est nécessaire de rendre à la terre ce qui luy appartient et ce que l’homme a pris d’elle en naissant et ne voulant pas encourir les menaces que Dieu fait comme une grande punition de permettre que les corps demeurent sans estre enterrés (Vivo ego in solitudine hac jacebunt dadavera vel ossa) ; mais bien plustôt chercher la récompense que Dieu promet à ceux qui ont ce soins là (ubi muneris mortos signans commenda sepulchro) ; jay donné advis de ce funèbre spectacle à monsieur Heyrault curé dudit lieu lequel m’a ordonné d’inhumer ce corps, ce que jay ait, après l’avoir fait ensevelir en présence de mr Vincent Mousnier sergent de la terre du lieu, en foy dequoy iay signé ledit acte avec lesdits Mériaudeau et Mousnier le jour et an que dessus. Signés : B Mériaudeau Mousnier… Guénon, vicaire de Migné.

06.12.2005

Les carriers

Certains de nos ancêtres ont exercé la profession de carrier dans la commune de Migné située près de Poitiers dans la Vienne.

Le site de cette commune est caractérisé essentiellement par la vallée de l’Auxance et par des coteaux culminant à 132 mètres, dont les plus importants constituent les carrières des Lourdines. Celles-ci restent pour les Mignanxois un lieu de labeur pour ces générations d’hommes qui ont extrait cette pierre calcaire, souvent en y associant une activité agricole.

Au XIXè et au début du XXè siècle, une loi fait obligation aux exploitants de carrières de transmettre aux autorités un certain nombre d’informations concernant leur activité.

C’est ainsi que l’on retrouve aux archives municipales une déclaration d’exploitation en date du 16 janvier 1894 aux noms d’Eusèbe MAUDUIT et d’Alexandre ABONNEAU demeurant à Migné, qui exploitent une carrière souterraine au lieu dit Pourcault, dans un terrain appartenant à Mme veuve QUENTIN.

Les archives évoquent également les conflits sociaux liés aux conditions de travail des ouvriers, la sécurité fait l’objet de nombreux contrôles.

Dans la seconde moitié du XIXè siècle, l’activité des carrières s’amplifie et nécessite un nombre croissant d’ouvriers. Ce travail d’extraction dans les carrières souterraines est particulièrement difficile avec une température constante de 12° et 35% d’humidité, la moindre faute d’inattention se traduit au mieux par des membres écrasés. Les journées de travail durent de dix à douze heures, six jours sur sept, sans congés, hors les jours fériés et sans couverture sociale, hormis la solidarité existante entre les ouvriers.

Sur cette photo de 1912 d’un groupe de carriers des Lourdines, se trouve Alfred ABONNEAU, celui-ci exerçait aussi cette profession en 1883 comme l’indique l’acte de mariage d’Alexandre COIRAULT et Marie BESSON sur lequel Alfred est cité comme témoin, ainsi qu’Auguste ABONNEAU autre témoin carrier à Migné sur ce même acte.

Sur d’autres actes, il apparaît que trois des fils d’Alexandre COIRAULT issus de son premier mariage avec Marie ROUSSEAU en 1884 sont aussi carriers à Migné. Il s’agit d’Alexandre, carrier en 1873 lors de son propre mariage et en 1880 lors du décès de sa mère. Puis d’André dit Eugène, carrier en 1880 lui aussi lors du décès de sa mère, et enfin Léon, carrier au décès de son père en 1893. Leur cousin Hippolyte COIRAULT quant à lui exerce cette profession lors de son mariage en 1876, et Camille BOURDIN est carrier en 1906 au décès de sa sœur Marie Egyptienne BOURDIN.

22.10.2005

Les batteries

(Remerciements à Robert BELLIN pour les photos et le témoignage)

Migné Auxances est située au Nord de Poitiers, le site de cette commune est caractérisé essentiellement par la vallée de l’Auxance, véritable coulée verte elle constitue un précieux héritage de la nature.
Berceau de la branche maternelle de mon épouse, la vocation agricole de la commune ne s’est jamais démentie, basée principalement sur la viticulture surtout au XVIII et XIX siècles, mais aussi sur la culture céréalière facilitée au début du siècle par l’arrivée d’un outillage plus perfectionné.
L’introduction de la moissonneuse lieuse d’origine américaine remplaçant la faucheuse mécanique puis celle de la batteuse à vapeur va grandement faciliter les travaux. Les battages suivaient les moissons et étaient effectués dans la cour de la ferme ; hommes, femmes et enfants participaient à cette tâche pénible.

André Aimé COIRAULT

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André Aimé COIRAULT, propriétaire cultivateur attendait avec effervescence ces batteries début août, cet événement était synonyme de réussite ou d’échec selon les aléas climatiques de la saison.
La mise en place du matériel nécessitait une attention particulière pour l’alignement de la loco avec la batteuse, la pose de la courroie de transmission. Tout cela se passait sous la vigilance du chauffeur Mr DANSAC, la figure noircie par le charbon, coiffé de son vieux feutre dont l’état attestait de nombreuses campagnes.

DANSAC aux commandes de la loco,  Gaston COIRAULT s’appuyant sur le manche du râteau.

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Les plus costauds étaient affectés au transport des sacs de grains d’un poids de 80 kilos, chargés sur l’épaule. Les autres, autour de la botteleuse de la batteuse étaient continuellement dans la poussière des balles de pailles ou d’épis qui volaient en tout sens.

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Dans la chaleur de l’été la sueur dégoulinait sur les visages, la journée était rythmée par les coups du sifflet de la loco, annonçant tantôt un repos de quelques minutes, tantôt  la reprise du travail. Ainsi rythmée, la journée s’écoulait, le pailler côté gerbes diminuant de hauteur, tandis que l’autre côté paille prenait du volume.

En cuisine les femmes s’affairaient à la préparation du repas, dans la grange une table d’une vingtaine de couverts était dressée prête à accueillir les hommes fatigués. Une bonne soupe, puis un repas copieux et généralement bien arrosé, on parlait beaucoup… les blagues, les rires, les chants… C’était ça aussi la fête des batteries.