13.03.2006

Henri Julien CHARLET Soldat mort pour la France en 1914

Mon grand oncle Henri Julien CHARLET vit le jour le 9 juillet 1897 au domicile de ses parents rue Béharel à Lambersart, aîné d’une famille de 7 enfants, il fut malheureusement le premier à disparaître à l’âge de 17 ans et 5 mois.

Le décret du 6 août 1914 autorisant l'engagement des jeunes gens pour la durée de la guerre, lui permit d'être Engagé Volontaire au 29è Régiment d'Infanterie, en tant que 2è classe.

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Voici les principales campagnes de ce régiment :
Garnison en août 1914: Autun —1914: Lorraine (Sarrebourg, La Mortagne, Clézentaime). Woëvre (Woël). Hauts-de-Meuse. Forêt d'Apremont (Bois Jura, Redoute du Bois Brûlé, La Louvière) —1915: Forêt d'Apremont. Verdun (Riaville). Fey-en-Haye. Regniéville. Remenauville. Bois d'Ailly ( La Vaux Féry, La Tête à Vache. La Croix Saint-Jean). —1916: rive gauche de la Meuse (Woimbey, Bannoncourt, Dompcevrin, Lahaymeix). Hauts-de-Meuse. Les Eparges. Verdun (Belrupt). Les Eparges. Neuviller-sur-Moselle. La Somme (Berny-en-Santerre) —1917: Champagne (Ville-sur-Tourbe, Massiges, Mont Cornillet). Argonne (Le Four de Paris) —1918:Argonne (Le Four de Paris). Région de Montdidier (Ayencourt-Domfront). Assainvillers. Saint-Simon. Bency-par-Avesne. Urvillers. Ligne Hindenburg (Itancourt). 

Pour lui la guerre se termina 5 mois après le début du conflit, dans les combats du Bois Brûlé (Meuse), voir la carte (source Didier.)

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Voici un témoignage d’un officier français relatant les combats dans ce secteur fin octobre 1914, 2 mois avant la mort d’Henri Julien :
 

Tranchées du Bois Brûlé (entre Côtes de Meuse et Côtes de Moselle) : fin octobre 1914.
 
Notre ligne de tranchées qui contourne un bois en pente est à certains endroits à trente mètres de la ligne ennemie. En avant de chaque tranchée allemande et française, il y a dix mètres de fils de fer barbelés qu’il est impossible de franchir ou de couper. Quatre fois on a conduit le régiment à l’assaut, quatre fois il a été mitraillé à bout portant et décimé (environ 1000 hommes par régiment).  Actuellement, les officiers considèrent qu’on ne peut plus porter les hommes en avant. Ils se laisseraient tuer sur place plutôt que de quitter la tranchée. Mais pour la défensive, on peut compter sur eux, et tant qu’il y en aura un debout, aucun Allemand ne franchira ce qu’on a appelé le champ de la Mort.
Dans le champ de la Mort, on ne voit que des cadavres devant une seule mitrailleuse française, il y en a 250 en paquet. Ces cadavres qu'il est naturellement impossible d'enterrer, sont là, pour certains, depuis 20 jours.
Nos morts à nous sont à quelques mètres en arrière dans des trous d’obus recouverts de terre. A tout instant, ces charniers sont labourés par les explosions, et des débris de toute nature volent jusque dans les arbres. L’atmosphère, en ces moments, est irrespirable, et il circule beaucoup de mouches qui certainement doivent être dangereuses. Un de mes devoirs les plus pénibles était de « rassembler » les corps de nos morts, de prendre leurs papiers... et aussi de les enterrer car mes hommes ne voulaient pas le faire.
 Après les cinq jours que j’ai passé à cette fameuse redoute du Bois Brûlé près d’Apremont, je peux me demander comment je suis encore en vie. Pendant 5 jours et 5 nuits, j’ai été bombardé avec ma compagnie et dès qu’une partie de la tranchée était éboulée, il fallait reprendre la pelle et la pioche pour refaire le parapet. Les Allemands lancent sur nous des bombes bourrées de mélinite et qui sont projetées par un petit obusier. Ce projectile lancé de près et pourvu d’une vitesse nulle tombe presque verticalement dans la tranchée avec un bruit terrifiant, et une avalanche d’éclats, de pierres, de terre et de morceaux d’arbres. Ses effets sont meurtriers: les malheureux atteints sont projetés de tous côtés, les blessures affreuses.

 

Vue aérienne allemande prise le 9 octobre 1914 de la Redoute du Bois Brûlé, proche de la route allant d'Apremont à St Mihiel. (Source Jean Marie.)

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Cette redoute faite de bois et de terre était un ouvrage d’infanterie, tenu par les forces françaises, point stratégique permettant aux français de tirer sur les convois allemands apportant nourriture et matériel à Saint-Mihiel par la route d’Apremont.
Henri Julien CHARLET fut tué à l’ennemie le 14 décembre 1914 au Bois Brûlé, fin décembre les allemands prenaient cette redoute.

19.10.2005

La guerre de 1870: Un vétéran Alfred Denis Joseph CHARLET

Alfred Denis Joseph, frère de mon trisaïeul, voit le jour le 14 février 1845 à Lomme dans le quartier du Bourg, deuxième d’une famille de 11 enfants, de père ouvrier teinturier et de mère blanchisseuse, l’industrie textile tient alors une grande place dans cette commune. Les filatures et blanchisseries se multiplient, il sera lui même respectivement teinturier et calandreur (La calandre était une machine utilisée dans une manufacture pour presser et lustrer les draps).
Le 10 mai 1869, il épouse à Lomme une repasseuse Léonie Joséphine POLLET. De leur union naîtront dans cette commune au hameau de la Maladrerie deux fils, le premier Etienne Eugène le 30 janvier 1870, le deuxième Adrien Alfred le 15 juillet 1872. Entre ces deux dates Napoléon III déclare la guerre à la Prusse le 18 juillet 1870.
 
Cette guerre aura coûté aux allemands : 47 000 morts soit 14% des effectifs, dont la moitié sont morts de maladie, 128 000 blessés et 100 000 malades.
Elle aura coûté au français : 139 000 morts au combat ou de maladie, 143 000 blessés et 320 000 malades; ces chiffres plus lourds que les allemands, comprennent aussi les civils touchés par les bombardements et la famine.
Le traité de paix fut signé le 10 mai 1871 à Francfort. La France devait verser 5 milliards, céder l'Alsace et une partie de la Loraine; les départements servant de gage à la dette française furent libérés au fur et à mesure des versements jusqu'en en septembre 1873.
 
Alors âgé de 25 ans Alfred Denis Joseph fut l’un des soldats de l’armée du Nord formée pour stopper l’avance de l’ennemi sur Paris.
Cette armée créée le 18 novembre est formée de 30 000 hommes et de 60 canons, commandée par TESTELIN, FARRE et BOURBAKI, puis par le général FAIDHERBE, elle est composée des 22è et 23è corps.
La 1er  armée Allemande va la contrer, la vaincre et prend Amiens, le 27 novembre; les Allemands occupent Rouen le 5 décembre.
FAIDHERBE tente de reprendre Amiens, mais est battu à Pont-Noyelles (près d'Amiens) le 23 décembre. Il fait reculer les Allemands sur Bapaume le 3 janvier. Il tente alors de marcher sur Paris, mais le 19 janvier, il est vaincu à Saint-Quentin et doit effectuer une retraite vers le Nord.
L' armée du Nord est dévalidée par l'armistice du 28 janvier.
 
Plus de quarante ans après la fin des hostilités et la signature du traité de paix avec l'Allemagne, et moins de trois ans avant que n'éclate la première grande conflagration mondiale, on songea aux anciens combattants de la guerre de 1870 -1871 et l'on créa, pour les survivants, une médaille.

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Cette médaille commémorative fut remise à Alfred Denis Joseph CHARLET, vétéran de cette guerre de 1870, quasiment sur son lit de mort en décembre 1912.

04.10.2005

Nos ancêtres morts pour la France durant la guerre 1914-1918

52 mois de guerre totale se soldent par un bilan humain catastrophique pour l'Europe et en particulier la France:

65 millions d’hommes mobilisés.

plus de 8 millions de morts au combat.

6,6 millions de victimes civiles.

plus de 20 millions de blessés.

La France du Nord et de l'Est, où se sont déroulées les principales batailles, est ravagée et se remet difficilement de ses ruines. Beaucoup de villages, dans toutes les régions du pays, ne vont quant à eux jamais se remettre de la mort au combat de nombre de leurs garçons et de la condamnation au célibat de nombreuses jeunes filles (les «veuves blanches»).

Voici certains d’entre eux :

CHARLET Henri Julien

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Célibataire, 2è classe dans le 29è régiment d’infanterie, il fut tué à l’âge de 17 ans le 14 décembre 1914 au Bois Brûlé prés de Robert Espagne dans la Meuse.

DEFIEU Edmond Henri

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Marié, soldat au 365è régiment d’infanterie, il fut tué à l’ennemi à l’âge de 30 ans et 4 mois le 24 août 1914 à Etain dans la Meuse.

DELECOURT Emile Anatole

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Célibataire, soldat au 8è régiment d'infanterie, il fut déclaré disparu à l'âge de 32 ans et 4 mois le 5 mai 1915 au Bois d'Ailly dans la Meuse.

DERVILLE Auguste Alfred Léon

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Marié, capitaine au 31è bataillon des chasseurs à pied, il fut tué à l’ennemi à l’âge de 28 ans 5 mois le 4 septembre 1915 au combat de Soyécourt dans la Somme.

DUSART Emile Louis François

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Célibataire, sous lieutenant au 365è régiment d’infanterie, il mourut suite à des blessures de guerre à l’âge de 21 ans et 5 mois le 7 janvier 1918 à Sainte Menehould dans la Marne.

FELDMANN Etienne Aimé Louis Benjamin

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Marié, 2è classe au 63è régiment d’infanterie, il fut tué à l’ennemi à l’âge de 34 ans et 11 mois le 26 juin 1916 au combat de Thiaumont dans la Meuse.

ROMAIN Alphonse Gustave

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Célibataire, 2è classe au 110è régiment d’infanterie, il mourut suite à une maladie contractée en service à l’âge de 33 ans et 1 mois le 13 juin 1915 à Fismes dans la Marne.

THERY Maurice Emile

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Marié, 2è classe au 43è régiment d’infanterie, il mourut suite à des blessures de guerre à l’âge de 34 ans et 4 mois le 4 janvier 1915 à l’hospice mixte de Brienne la Vieille  dans l’Aube.

TOURNEL Henri Cyprien  

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Célibataire, 2è classe au 145è régiment d’infanterie, il fut tué à l’ennemie à l’âge de 23 ans et 6 mois le 1er septembre 1914 à Marpent dans le Nord.