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27.12.2005
Le noyé de Nanteuil
Aux XIè et XIIè siècles, la plupart des villages, hameaux et moulins de la commune de Migné Auxances qui est située au nord de Poitiers dans la Vienne existent déjà. Le plus souvent sous forme de fiefs, de domaines qu’un vassal tient du seigneur, sous condition de lui prêter hommage et de lui fournir certaines redevances.
En 1563 Nanteuil est constitué de quelques maisons et métairies, l’existence des moulins de La Papeterie et du Berthaut, bien que plus ancienne, n’apparaît dans les dénombrements qu’a la fin du XVIIè siècle.
Ce fait divers du 22 janvier 1664, dont la retranscription est à la fin de cette note, relate la découverte d’un cadavre à Nanteuil, au milieu des prés secs proches du moulin de Jean PROUST et reprend le témoignage de son épouse Denise SABOUREUX.
On retrouve ainsi la trace de nos ancêtres de douzième génération, Jean et son épouse Denise.
Jean alors âgé d’une quarantaine d’année est propriétaire du moulin proche des prés secs. On peut avancer que Jean Proust était propriétaire du moulin de La Papeterie ou de celui du Berthaut.
Le premier encore appelé moulin Josselin fait parti du fief de Nanteuil, la présence de deux roues et d’un four n’apparaît que vers 1670, époque où selon toute vraisemblance la fabrication du papier est arrêtée pour faire place à la meunerie. A la révolution il est vendu comme bien national.
Les eaux du moulin de la Papeterie font tourner les deux roues du second moulin Berthaut, vendu comme bien de la nation, il fonctionne jusque vers les années 1960.
Villages et Hameaux

ajourdhuy vingt deuxième jour de janvier mil six cent soixante quatre, je, soussigné prêtre vicaire de Migné et y demeurant, après avoir été adverty par une servante de chez Jean Bardoux de Nanteüil qu’il y avoit un cadavre dans le milieu des prés qu’on nomme les prés secs, proche du moulin de Jean Proust ; et partant ne sachant quel ordre donner dans une occasion semblable pour ce qui est de la sépulture, sans en premier lieu m’informer le plus sensiblement et évidemment qu’il me serait possible du genre de mort et de la religion du déffunct ; je me suis transporté sur ce lieu ou estoit le dit cadavre, accompagné de Mre Benjamin Mériaudeau chyrurgien, pour pouvoir connoistre si le deffunct estoit mort par accident ou par force, ou estant avec ledit Mériaudeau, il n’a connu aucunne blessure qui eut pu causer la mort audit deffunct et m’estant informé sur le lieu qui pouvoit estre ce garçon âgé de vingt deux ou vingt trois ans, mort à demy nu, sans chapeau ny pourpoint, l’on ma dit qu’il estoit dans ce lieu là il y avait un jour ou deux, et qu’il n’avoient pu tirer aucune parolle de luy qui procéda de la bouche d’une personne raisonnable mesmes qu’il avoit fait beaucoup d’extravagances, dans le village de Nanteüil et donné les marques d’une personne hors de son esprit et de son sens, comme il appert par le lieu ou il allé mourir après avoir passé et repassé par les eaux, ne l’ayant pu rettenir dans la mestayrie de Nanteüil ou les mestayers luy avoient donné entrée : toutefois ayant esté advery par Denise Saboureux, femme de Jean Proust que dans le travail d’esprit de ce pauvre garçon, elle luy avoit ouy dire et prononcer quelquefois Jesus Maria ! et comme il est nécessaire de rendre à la terre ce qui luy appartient et ce que l’homme a pris d’elle en naissant et ne voulant pas encourir les menaces que Dieu fait comme une grande punition de permettre que les corps demeurent sans estre enterrés (Vivo ego in solitudine hac jacebunt dadavera vel ossa) ; mais bien plustôt chercher la récompense que Dieu promet à ceux qui ont ce soins là (ubi muneris mortos signans commenda sepulchro) ; jay donné advis de ce funèbre spectacle à monsieur Heyrault curé dudit lieu lequel m’a ordonné d’inhumer ce corps, ce que jay ait, après l’avoir fait ensevelir en présence de mr Vincent Mousnier sergent de la terre du lieu, en foy dequoy iay signé ledit acte avec lesdits Mériaudeau et Mousnier le jour et an que dessus. Signés : B Mériaudeau Mousnier… Guénon, vicaire de Migné.
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12.12.2005
Le Patronyme VANHOYE
Dans l’état actuel de nos recherches la branche des VANHOYE est originaire du village de Merris situé au bord des monts de Flandre et dominant la plaine de la Lys. Cette commune se trouve donc dans le département du Nord, arrondissement de Dunkerque, canton de Bailleul Sud Ouest. L’origine de Merris est très ancienne, peut être Merkeria en 867, puis Mernes vers 1180, et Merries vers 1372. Durant la première guerre mondiale le village fut ravagé par les bombardements et complètement détruit.
La place du village vers 1900

Ce patronyme Vanhoye vient du latin Vanum : van. Vanneur ou vannier ; Vanhoye est la forme régionale. Le vannier filtre les grains de blé dans un tamis appelé van.
Ce patronyme flamand a aussi comme origine du foin surnom de faucheur.
Mais c’est aussi un nom de baptême de Saint Vanois, évêque en Hainaut en l’an 700.
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06.12.2005
Les carriers
Certains de nos ancêtres ont exercé la profession de carrier dans la commune de Migné située près de Poitiers dans la Vienne.
Le site de cette commune est caractérisé essentiellement par la vallée de l’Auxance et par des coteaux culminant à 132 mètres, dont les plus importants constituent les carrières des Lourdines. Celles-ci restent pour les Mignanxois un lieu de labeur pour ces générations d’hommes qui ont extrait cette pierre calcaire, souvent en y associant une activité agricole.
Au XIXè et au début du XXè siècle, une loi fait obligation aux exploitants de carrières de transmettre aux autorités un certain nombre d’informations concernant leur activité.
C’est ainsi que l’on retrouve aux archives municipales une déclaration d’exploitation en date du 16 janvier 1894 aux noms d’Eusèbe MAUDUIT et d’Alexandre ABONNEAU demeurant à Migné, qui exploitent une carrière souterraine au lieu dit Pourcault, dans un terrain appartenant à Mme veuve QUENTIN.
Les archives évoquent également les conflits sociaux liés aux conditions de travail des ouvriers, la sécurité fait l’objet de nombreux contrôles.
Dans la seconde moitié du XIXè siècle, l’activité des carrières s’amplifie et nécessite un nombre croissant d’ouvriers. Ce travail d’extraction dans les carrières souterraines est particulièrement difficile avec une température constante de 12° et 35% d’humidité, la moindre faute d’inattention se traduit au mieux par des membres écrasés. Les journées de travail durent de dix à douze heures, six jours sur sept, sans congés, hors les jours fériés et sans couverture sociale, hormis la solidarité existante entre les ouvriers.
Sur cette photo de 1912 d’un groupe de carriers des Lourdines, se trouve Alfred ABONNEAU, celui-ci exerçait aussi cette profession en 1883 comme l’indique l’acte de mariage d’Alexandre COIRAULT et Marie BESSON sur lequel Alfred est cité comme témoin, ainsi qu’Auguste ABONNEAU autre témoin carrier à Migné sur ce même acte.
Sur d’autres actes, il apparaît que trois des fils d’Alexandre COIRAULT issus de son premier mariage avec Marie ROUSSEAU en 1884 sont aussi carriers à Migné. Il s’agit d’Alexandre, carrier en 1873 lors de son propre mariage et en 1880 lors du décès de sa mère. Puis d’André dit Eugène, carrier en 1880 lui aussi lors du décès de sa mère, et enfin Léon, carrier au décès de son père en 1893. Leur cousin Hippolyte COIRAULT quant à lui exerce cette profession lors de son mariage en 1876, et Camille BOURDIN est carrier en 1906 au décès de sa sœur Marie Egyptienne BOURDIN.
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03.12.2005
Le patronyme COIRAULT
Notre branche des COIRAULT est profondément enracinée dans la Vienne, tout d’abord au XVIIè siècle à Poitiers, puis dans la commune de Migné Auxances (consulter cette note). Poitiers existait déjà à l'arrivée de César, sous la forme d'un oppidum gaulois, nommé Limonum, ce qui pourrait signifier les boues. Les Romains l'aménagèrent, la dotant d'arènes, de plusieurs thermes, d'aqueducs, le tout donnant un statut de premier plan à la ville. À la fin du IIIè siècle, une épaisse muraille construite à la hâte ceint la ville, qui est réduite au sommet du promontoire. À l'époque médiévale, Poitiers tire parti de son site défensif, et de sa situation géographique, loin du centre du pouvoir franc. Au IXè siècle, le nom de Grand-rue apparaît dans les chartes. C'est la plus ancienne trace d'un nom de rue conservée en Europe. Cette rue correspond à la ligne de plus faible pente, et donc la moins fatigante, pour monter du gué (actuel pont) Saint-Joubert au plateau. La ville s'assoupit peu à peu à la Renaissance, et gagne une image de ville vieillotte, aux rues tortueuses, qui n'a pas su évoluer. Au XIXè siècle, de nombreuses casernes sont construites, faisant de Poitiers une ville de garnison. La gare est construite dans les années 1850 et sera bombardée lors de la Seconde Guerre mondiale.
Carte de Cassini (Poitiers Migné)

Ce patronyme Coirault est surtout porté dans le Poitou. Selon M.-T. Morlet, il devrait s'agir d'un diminutif de Coirier : Patronyme vendéen, Désignant un fabricant ou plutôt un marchand de cuir (latin corium).
On notera cependant que Rabelais utilise le terme "coiraux" pour désigner des boeufs engraissés à l'étable : La naissance de Gargantua (1537):
- ...Voici en quelle occasion et de quelle manière Gargamelle accoucha, et si vous n'y croyez pas, que le fondement vous échappe !
Le fondement lui échappait, par un après-midi, le troisième jour de février, parce-qu'elle avait mangé trop de gaudebillaux. Les gaudebillaux sont de grasses tripes de coiraux. Les coiraux, des boeufs engraissés à la crèche et dans les prés guimaux. Les prés guimaux, ce sont ceux qui donnent de l'herbe deux fois par an. Ces boeufs gras, ils en avaient fait tuer trois cent soixante sept mille quatorze pour qu'on les sale à mardi gras, afin d'avoir au printemps du boeuf de saison en abondance, de façon à pouvoir faire au début des repas un bénédicité de salaisons et mieux se mettre à boire...
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