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22.10.2005
Les batteries
(Remerciements à Robert BELLIN pour les photos et le témoignage)
Migné Auxances est située au Nord de Poitiers, le site de cette commune est caractérisé essentiellement par la vallée de l’Auxance, véritable coulée verte elle constitue un précieux héritage de la nature.
Berceau de la branche maternelle de mon épouse, la vocation agricole de la commune ne s’est jamais démentie, basée principalement sur la viticulture surtout au XVIII et XIX siècles, mais aussi sur la culture céréalière facilitée au début du siècle par l’arrivée d’un outillage plus perfectionné.
L’introduction de la moissonneuse lieuse d’origine américaine remplaçant la faucheuse mécanique puis celle de la batteuse à vapeur va grandement faciliter les travaux. Les battages suivaient les moissons et étaient effectués dans la cour de la ferme ; hommes, femmes et enfants participaient à cette tâche pénible.
André Aimé COIRAULT

André Aimé COIRAULT, propriétaire cultivateur attendait avec effervescence ces batteries début août, cet événement était synonyme de réussite ou d’échec selon les aléas climatiques de la saison.
La mise en place du matériel nécessitait une attention particulière pour l’alignement de la loco avec la batteuse, la pose de la courroie de transmission. Tout cela se passait sous la vigilance du chauffeur Mr DANSAC, la figure noircie par le charbon, coiffé de son vieux feutre dont l’état attestait de nombreuses campagnes.
DANSAC aux commandes de la loco, Gaston COIRAULT s’appuyant sur le manche du râteau.

Les plus costauds étaient affectés au transport des sacs de grains d’un poids de 80 kilos, chargés sur l’épaule. Les autres, autour de la botteleuse de la batteuse étaient continuellement dans la poussière des balles de pailles ou d’épis qui volaient en tout sens.

Dans la chaleur de l’été la sueur dégoulinait sur les visages, la journée était rythmée par les coups du sifflet de la loco, annonçant tantôt un repos de quelques minutes, tantôt la reprise du travail. Ainsi rythmée, la journée s’écoulait, le pailler côté gerbes diminuant de hauteur, tandis que l’autre côté paille prenait du volume.
En cuisine les femmes s’affairaient à la préparation du repas, dans la grange une table d’une vingtaine de couverts était dressée prête à accueillir les hommes fatigués. Une bonne soupe, puis un repas copieux et généralement bien arrosé, on parlait beaucoup… les blagues, les rires, les chants… C’était ça aussi la fête des batteries.
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